À l’occasion du 3ème webinaire sur la méthode Totem que certains centres de langue ont récemment adoptée, on a eu envie d’en savoir plus sur le passage à une nouvelle méthode de langue et sur le projet autour de Totem. C’est Adeline Richer, organisatrice du webinaire, qui a répondu à nos questions.

Note : c’est le deuxième témoignage appartenant à la maison d’édition Hachette FLE que nous publions sur Agitox mais il ne s’agit en aucun cas d’un choix éditorial particulier. Si vous connaissez ou êtes vous-même (co)auteur d’une méthode de langue, n’hésitez pas à nous contacter !

Q1. Comment est née l’idée de Totem, méthode organisée comme une série télévisée ?

Les deux auteurs, Jean-Thierry Le Bougnec et Marie-José Lopes, avaient le désir de travailler autour du non-verbal. C’est un aspect qui a tendance à être laissé de côté dans beaucoup de méthodes ; voir le comportement des gens, la gestuelle. C’est tout ce volet là que Totem va exploiter, comme les gestes des mains, lever les yeux au ciel, faire les yeux ronds…

Ensuite, le responsable de l’édition, François Dupuis, pensait depuis quelques temps déjà à une méthode basée sur la vidéo, et il pensait aussi aux nostalgiques de Reflets. Il voulait aller plus loin sur le concept vidéo, quelque chose d’original, donc l’équipe éditoriale a pensé à une série où la vidéo serait utilisée comme document déclencheur. En plus, cela permet d’ajouter un côté agréable à l’apprentissage de la langue, les apprenants vont s’attacher aux personnages, vouloir savoir ce qui se passe… cela accentue le plaisir d’apprendre.

Le tournage a eu lieu à Nantes, pour changer de Paris. Il y a beaucoup de scènes en extérieur (afin de permettre aux apprenants de découvrir les transports, les magasins, les restaurants…), mais aussi en intérieur. […] L’aventure de Totem a commencé par le tournage pour donner un côté authentique, plutôt que d’écrire des textes et de demander à des acteurs de les lire (même si on savait bien sûr avant les objectif et les thématiques désirés). […]

Les auteurs voulaient aussi que les apprenants puissent se reconnaitre à différents âges, d’où l’importance d’avoir différentes générations présentes dans les personnages.

Un autre facteur qui a motivé le lacement du projet est que l’édition voulait aussi une méthode qui remplacerait Nouveau Taxi pour ceux qui l’utilisent depuis quelques temps et désirent changer. Totem est donc dans le même esprit, au niveau du fonctionnement et du volume horaire. […]

 

Q2. Combien de temps a pris le projet d’édition de la méthode Totem entre sa naissance et sa publication ?

Le projet a mis un peu plus de deux ans mais au moment où Totem a été lancé, le projet avait acquis une certaine maturation. Ça a été un projet intense, avec une grosse équipe, beaucoup de réunions. Il faut savoir que derrière les auteurs, il y avait l’équipe éditoriale, mais aussi une équipe pédagogique qui a travaillé sur le cahier d’activités, et Nelly Mous du CIEP, spécialiste de l’évaluation. En tant que délégués, on nous sollicite régulièrement, on voit les maquettes évoluer, on fait de nombreux ateliers…

Q3. Vous avez décidé d’organiser un webinaire autour de la méthode, quel en est le bilan ?

Je suis la première de l’équipe à faire un webinaire, c’est à un stade expérimental. D’ailleurs, c’est seulement mon troisième. Le 100% sûr n’existe pas, il peut toujours y avoir des soucis techniques de dernière minute, ce n’est pas évident à gérer ! Il y a aussi le fait que la qualité de réception varie selon la connexion de l’utilisateur. Il y a un côté solitaire dans le webinaire, on parle seul, on ne voit pas les gens. Bien sûr, c’est très intéressant d’avoir les remontées immédiates, de communiquer avec les gens de ma zone. Cela me permet de toucher des personnes que je ne rencontre pas toujours sur le terrain. Pour les participants, il y a un côté pratique indéniable, ils peuvent nous suivre de chez eux. Bref, on en est encore au début du processus. À suivre…

 

Q4. Lors du webinaire, des participants ont évoqué la difficulté pour une équipe pédagogique de passer à une nouvelle méthode. Quels conseils donneriez-vous ?

D’après mon expérience, le premier pilier pour passer à une nouvelle méthode, c’est d’inclure les enseignants dans le processus, les consulter, regrouper leurs avis, voire leur proposer des classes pilotes. Lorsqu’on a la chance d’être dans un réseau (IF ou AF), on peut partager les expériences sur les différentes méthodes, cela permet aussi de gagner du temps et d’avoir d’autres regards. Il est possible de travailler sur la base d’une grille de lecture afin d’avoir une vision plus objective de la méthode.

Ceci dit, les classes pilotes, ce n’est pas toujours facile à mettre en place, c’est toute une logistique. Parfois, ce n’est pas possible et dans ce cas là, il faut se concentrer sur la grille de lecture, faire une analyse plus approfondie, éventuellement, mettre en place quelques cours sur des leçons pilotes. Mais globalement, soit les profs sont heureux quand ils passent à une nouvelle méthode, soit ils manquent de temps et se sentent plus sécurisés en restant sur un contenu connu. Donc, il faut de la patience car il y a toujours un moment de tâtonnement et il faut surtout de l’accompagnement lors du processus.

C’est là que le coordinateur intervient avec un découpage clair en fonction du volume horaire. Il peut aussi organiser un atelier, une table ronde pour présenter la structure de la méthode, présenter les outils qui l’accompagne, l’ensemble du matériel. L’enseignant ne devrait pas avoir à fouiller et chercher, le coordinateur est là pour lui indiquer ce qui existe. Nous sommes aussi en contact avec les structures qui adoptent nos méthodes et nous sommes bien sûr là pour les conseiller et les orienter. Nous mettons parfois en place des visioconférences pour leur montrer le fonctionnement des différents outils numériques, ou nous le faisons en présentiel lorsque nous leur rendons visite.

 

Q5. Quelle est la place donnée aux TICE, aux projets numériques dans Totem ?

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a plusieurs outils numériques. D’abord, le dvd-rom inclus dans chaque livre élève donne accès à tous les audios, vidéos et aux dialogues interactifs, dans lesquels les acteurs s’adressent à l’étudiant qui doit trouver comment lui répondre en utilisant les structures qu’il a étudiées.

Le deuxième volet, c’est l’accès au manuel numérique de l’élève avec le code de téléchargement à l’intérieur de la couverture. La différence entre le manuel numérique de l’élève et celui de l’enseignant, c’est que ce dernier possède le livre, le cahier, le guide pédagogique et les activités interactives alors que l’étudiant n’a que le livre. Mais il y a accès gratuitement, en plus de la méthode papier, ce qui est nouveau et pratique pour lui.

Avec le livre numérique, il y a les outils de base pour le TNI (zoomer, surligner, écrire…). On a aussi inclus de nouveaux outils, comme le cache, le post it, etc. et la possibilité de continuer à agir sur un document zoomé. L’ergonomie aussi est plus efficace, avec de nombreux raccourcis pour circuler. Il y a de nombreux jeux interactifs, par exemple des quizz, des bingo… Et surtout, l’apprenant peut personnaliser son manuel numérique en créant ses propres séquences pédagogiques s’il le désire.

Enfin, un autre outil très utile qui apporte un réel plus est celui sur TV5 Monde, qui permet de faire des exercices auto-correctifs complémentaires à la méthode.

Q6. En tant qu’ancienne prof de FLE, que préférez-vous dans cette méthode ?

Alors, ma réponse ne va pas être originale mais j’ai beaucoup aimé la vidéo ! La série apporte une dynamique, un côté agréable, et une réelle plus-value culturelle. J’aime l’importance donnée aux gestes. Je me suis rendue compte que les mêmes gestes pouvaient dire des choses très différentes lors de mes expériences en tant qu’enseignante à l’étranger. Totem permet de s’approprier des codes socio-linguistiques. Et puis ça fait entrer les apprenants dans un univers visuel concret (un magasin français, un restaurant, les rues…). L’approche de la phonétique est vraiment intéressante aussi, ainsi que la richesse et la variété des documents déclencheurs.

Pour finir, le partenariat avec TV5 Monde me plait beaucoup, parce que je me souviens des heures passées à chercher des supports complémentaires pour mes élèves qui avaient des difficultés, et au moins, avec le site, ils peuvent travailler en autonomie s’ils en ont besoin, ou bien s’ils sont studieux et désirent aller plus loin tout simplement.

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