Pensez +Un projet de journal bilingue
Juliette est professeur stagiaire à Rio de Janeiro. Pendant son année de stage, elle a proposé aux élèves de monter un journal bilingue en ligne : Pensez +. Elle partage avec nous ce beau projet qui a su en motiver plus d’un !

Q1. Peux-tu présenter le projet et son contexte ?

Le journal P+ est né dans la première école publique bilingue francophone du Brésil, située dans l’état de Rio de Janeiro. L’établissement résulte d’un accord entre les autorités brésiliennes et françaises et bénéficie du soutien du Consulat de France à Rio. L’enseignement du français est au cœur du projet éducatif à travers un apprentissage intensif du français mais aussi via la présence d’une DdNL biologie (NDLR : DDNL – Disciplines Dites Non Linguistiques) et de cours spécifiques dédiés à la culture francophone.

Q2. Qui participe ? À l’initiative de qui ?

Lors de mon arrivée dans l’école, quelques élèves avaient déjà l’envie de mettre en place un journal de l’école. Je suis donc partie de cette motivation pour leur proposer de faire naître un journal numérique bilingue. Au bout de deux mois, nous avons réussi à constituer une équipe de rédaction d’une dizaine d’élèves engagés et motivés. Le premier défi a été de construire une base de site sur l’école et sur le quotidien qu’ils y vivent. Les élèves ont ensuite rédigé des articles sur leur actualité et celle du monde qui les entoure. À l’heure actuelle, nous aimerions développer nos partenariats et mettre en place des échanges internationaux via notre plateforme. Pour moi, le projet continuera de vivre tant que les élèves se l’approprieront et l’animeront. Ils en sont le cœur car ce sont eux qui rédigent tous les articles en français et en portugais, ce sont eux qui prennent et publient les photographies, ce sont eux qui initient de nouvelles rubriques…

Q3. Comment intègres-tu ce projet à ton cours ? Ce sont des heures spécialement dédiées ?

Stagiaire auprès du service culturel du consulat de France de Rio, je suis chargée de cours dédiés au soutien de l’apprentissage du français et à la culture francophone dans l’établissement. Le projet du journal s’est développé indépendamment de ces enseignements même si je l’exploite comme ressource durant mes cours ou comme plateforme de diffusion des productions des élèves. L’idée était aussi de produire une banque de données bilingues pour les élèves mais aussi pour les professeurs de l’école. À vrai dire, le plus gros défi de ce journal est de réussir à créer une communauté francophone à travers lui c’est-à-dire : comment faire pour engager tous les élèves à suivre le journal ? comment montrer son intérêt aux professeurs ?

Q4. Quel bilan du projet ferais-tu aujourd’hui ?

Le bilan est aujourd’hui très positif. Les élèves engagés dans l’équipe de rédaction ont clairement développé leur compétence de rédaction mais aussi leur intérêt pour leur école et ses multiples projets. Ils ont fait preuve d’une détermination incroyable, d’un bel esprit d’équipe et se sont complètement appropriés le journal. Ainsi, comme le dit Matheus : “Je pense que ce n’est pas moi, mais l’ensemble de l’équipe qui a un rôle fondamental au sein du journal. Chacun en fait une partie, et quand quelqu’un termine ce qu’il a à faire, il va aider celui qui n’a pas fini. C’est cela qui fait fonctionner le journal.” Par ailleurs, le français est devenu une langue dans laquelle ils peuvent s’exprimer au même titre que le portugais.

Et, finalement, le plus beau est peut-être d’avoir construit avec le journal un espace où les élèves peuvent s’exprimer et développer leur personnalité. Aussi, quand on lui demande pourquoi elle fait partie du journal, Laysla répond : “Je ne voulais pas faire partie du journal au début parce que j’étais découragée. Je pensais que je n’avais pas le talent pour faire des articles ou pour écrire quelque chose de bien. Quand on m’a demandé si je voulais faire partie du journal et quand on m’a encouragé, j’ai commencé à penser que j’étais capable et que j’avais quelque chose de spécial. Donc je fais partie de l’équipe du journal parce que j’adore écrire et améliorer ma façon d’écrire. C’est mon hobby. J’aime le faire. Le journal m’a donné l’expérience incroyable de comprendre et d’écrire en français. Aujourd’hui, je suis plus confiante à propos de ce que je veux faire plus tard : je veux terminer mes études dans une université française.”

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