Après avoir parcouru l’Europe et un passage en Russie, Laura enseigne désormais en France et développe petit à petit son offre de cours en ligne. Conseils, mises en garde, exemples,… elle nous dit tout et on l’en remercie.

Q1. Tu es actuellement en France mais tu as enseigné en Pologne et en Russie. Des conseils pour les profs de FLE qui aimeraient enseigner là-bas ?

Je leur suggérerais d’emporter du matériel pédagogique. Cela dépend des structures mais dans de nombreux établissements, les enseignants n’ont parfois que quelques manuels désuets à disposition.

En outre, j’ai eu l’occasion de participer à la formation continue des enseignants en Russie et je conseillerais aux professeurs de FLE de s’y intéresser. En effet, les enseignants polonais et russes ont beaucoup d’heures de cours durant la semaine et ont donc peu de temps pour suivre l’évolution des méthodes d’enseignement du français. Ils sont alors très demandeurs de séminaires, stages etc. C’est une expérience véritablement enrichissante pour l’enseignant-formateur de s’impliquer dans leur formation.

Q2. Tu donnes aussi des cours de FLE en ligne : depuis longtemps ? Pourquoi avoir fait ce choix ?

Je voyais le e-learning se développer et j’avais envie de m’y intéresser un peu plus. Ainsi, lorsque mon expérience en Russie s’est achevée, je me suis retrouvée en France avec un projet bien précis en tête.

Je donnais des cours en ligne depuis plusieurs années en parallèle de mes études, et j’avais envie de me faire une vitrine, ainsi j’ai décidé de créer mon propre site internet. N’ayant pas de formation en création de site web ce fut laborieux mais néanmoins très riche en apprentissages. Beaucoup de travail reste à accomplir, je prépare actuellement une nouvelle version du site afin de lui redonner de l’élan.

Q3. Peux-tu nous expliquer concrètement comment se passent les cours et nous en dire un peu plus sur ton public ?

Les cours se déroulent dans une classe virtuelle. Avant le cours , j’envoie un lien aux apprenants afin qu’ils puissent accéder à la classe. Ils n’ont même pas besoin d’installer un logiciel, la classe s’ouvre en deux clics. Nous lançons la vidéo conférence et tout se déroule ensuite comme dans une classe mais tout se passe sur l’écran de l’ordinateur. Nous travaillons sur un tableau blanc avec de l’écrit, mais aussi avec de l’audio et de la vidéo, des jeux etc. À la fin du cours, je sauvegarde le cours en PDF et je l’envoie aux apprenants avec bien sûr des devoirs pour le prochain cours.

Pour le moment je fais seulement des cours individuels mais le but serait de réussir à former de petits groupes, mais pour cela il faudrait trouver des personnes disponibles sur le même créneau horaire et avec le décalage horaire ce n’est pas simple, mais aussi avec le même niveau et avec les mêmes objectifs d’apprentissage. Mon site n’est pas encore suffisamment référencé pour toucher un large public mais j’espère y parvenir ! Quant aux nationalités, j’ai déjà commencé à faire le tour du monde, j’ai enseigné à un brésilien, une turque, une thaïlandaise, une russe et actuellement j’enseigne à un australien, un américain, un ukrainien, un polonais, une argentine, etc. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’enseigner en ligne à des enfants et adolescents mais j’espère qu’elle se présentera bientôt.

Q4. Qu’est-ce que tu apprécies dans ce genre de cours ?

La création de nombreux supports pédagogiques, l’opportunité de pouvoir innover chaque jour en les intégrant dans mes classes. Le gain de temps aussi car il n’y a pas de déplacements à faire pour se rendre chez ses élèves et l’efficacité des cours, car l’apprenant est extrêmement concentré sur son écran d’ordinateur et participe de façon active. Enfin, je peux en quelque sorte faire le tour du monde à travers une webcam en étant confortablement installée dans mon fauteuil.

Q5. À l‘opposé, est-ce qu’il y a des écueils à éviter ? Des stratégies à adopter que tu conseillerais aux profs qui se lancent dans la formation à distance ?

À mon avis, enseigner à distance n’est pas difficile. La maitrise de la classe virtuelle et des techniques d’animation s’acquièrent assez facilement pour un enseignant de FLE. Certes, la création de supports multimédia prend du temps, mais sur internet il existe un grand nombre d’outils pédagogiques pour constituer ces supports. Pour moi, le plus difficile , c’est l’ascenseur émotionnel du statut d’auto-entrepreneur. Il faut de l’ambition, de la motivation, de la rigueur et être très réactif.

Je conseillerais également de faire des formations sur l’auto-entreprenariat afin de bien prendre connaissance de ses droits et devoirs avant de se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise.

Enfin, personnellement, je ne peux pas rester toute la semaine enfermée chez moi à travailler, je pense qu’il est important d’avoir d’autres activités et projets pour ne pas se lasser de l’enseignement en ligne et pour s’épanouir dans son travail.

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