On part pour Taïwan avec ce nouveau portrait des 1001 visages du FLE. Ludovic, enseignant à l’Alliance Française de Taïwan, partage avec nous les expériences et découvertes qui ont jalonné son parcours.

Q1. Comment en es-tu venu au FLE ?

Tous les chemins mènent au FLE. (Et non à Rome.) J’ai emménagé à Taipei en 2003, me suis mis à la recherche d’un boulot… Mon étrave a pointé vers le FLE. J’ai eu la chance de suivre une formation solide par l’école Berlitz, la première école japonaise qui m’a embauché. La méthode Berlitz est ultra interactive. J’y ai découvert l’univers de l’enseignement. Le relationnel est ce qui caractérise le FLE. Puis les années se sont écoulées. Aujourd’hui, je travaille pour l’Alliance Française de Taiwan. J’enchaîne ma douzième année.

Q2. Qu’est-ce que tu aimes dans le FLE ?

Voir les étudiants progresser. Une grande satisfaction. Et puis, il y a sa propre évolution. À l’instar des élèves, le prof progresse aussi. Que ce soit à travers sa technique d’enseignement, la découverte de sa propre langue, ses astuces et ses nouvelles activités.

Q3. Y a-t-il une pratique de classe qui fait la spécificité de ta manière d’enseigner ?

La façon dont je gère le tableau est particulière. Il soutient la compréhension et favorise la prise de note des élèves. Pour cela, je recommande ” Pratique de Classe, écrire et gestion du tableau “. Cet ouvrage comprend un CD-ROM de 3 h 30 de vidéo. Il a changé mon approche. Lorsque les apprenants sont chez eux, ils peuvent reprendre le cours sans difficulté, étape par étape.

De plus, je propose de nombreuses activités orales. C’est ce que je mets en avant. La majorité des étudiants veulent d’abord savoir s’exprimer et comprendre ce qui est dit.

Q4. Qu’est-ce qui t’a apporté le plus dans ce travail ?

Le besoin de dégonfler son ego pour avancer. Parce qu’il y a danger. Le prof est au-devant de la scène et mène la danse. Cette position d’importance peut piéger le prof à son propre insu. Il devient le centre de la classe. Or, ce sont les élèves qui se doivent d’être le centre du cours. Le prof se tient à la périphérie.

Et puis, lorsque l’on approche des sujets glissants comme la peine de mort, on a tendance à donner son avis, à prendre position. Ce n’est pas facile de rester neutre.

Q5. Des conseils pour enseigner à des étudiants taïwanais ?

Leur donner un french kiss, surtout aux jolies filles : KISS (Keep It Short and Simple.) Ah ah ah…

Le chinois est une langue lointaine. Cette langue ne comporte ni de temps, ni de conjugaison, ni de prépositions… De ce fait, les Taïwanais n’étudient pas de grammaire à l’école. Ils apprennent seulement à mémoriser les caractères. Il est important de garder ça en mémoire. De toujours se mettre à la place de l’élève, et ce même avec les niveaux avancés. La simplicité, la clarté et la précision sont essentielles.

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