Enseignante de FLE à New-york et auteure pour T’enseignes-tu, Pauline a bien voulu répondre à toutes nos questions sur ses différentes expériences et choix de carrière.

Q1. Tu souhaitais à l’origine te spécialiser en littérature latino-américaine : pourquoi as-tu finalement choisi le FLE ?

J’ai découvert le FLE grâce à une excellente équipe de professeurs de FLE à l’Université Autonome de l’Etat de Mexico au Mexique. J’avais entendu parler du FLE au début de mes études universitaires en France, mais sans trop savoir de quoi il s’agissait. En échange universitaire au Mexique, j’ai pu découvrir cette discipline grâce à des professeurs ultra compétents, avec un public mexicain vraiment motivé, et un véritable dynamisme autour de l’enseignement du FLE au Mexique, notamment grâce à l’action de l’AMIFRAM (Asociación de Maestros e Investigadores de Francés de México). C’était l’idéal ! J’ai particulièrement apprécié dès le début l’éventail de possibilités qu’offre l’enseignement du FLE, la diversité des approches pédagogiques, l’ouverture sur des publics internationaux, etc…

Q2. Tu nous as dit que tu avais enseigné le FLE en Lettonie. Quels conseils aurais-tu pour les enseignants envisageant d’y travailler ?

La Lettonie est un pays qu’on connait peu et qui réserve pourtant plein de surprises. Il y a en Lettonie une véritable francophilie et un public très demandeur. Concernant le public à qui j’enseignais (au Centre culturel, renommé depuis Institut français), j’ai rencontré de nombreux Lettons habitués au plurillinguisme (parlant le letton, le russe et l’anglais couramment), passionnés de culture et de gastronomie française.

Quant à Riga, c’est une ville très jolie, avec une très belle architecture. Mon lieu préféré est le « Rīgas Centrāltirgus », le marché central de Riga, de style Art déco où on peut trouver des produits vraiment frais ! Pas loin de Riga, les plages de Jurmala sont aussi vraiment agréables.

Q3. Tu es auteure sur T’enseignes-tu : qu’est-ce qui t’a poussée à participer à cette expérience ?

Le projet T’enseignes-tu ? me permet de m’informer et me former en continu en FLE et ce, en collaborant avec une équipe de profs répartis dans le monde entier. Le projet, administré par Céline, repose vraiment sur la participation de chacun et sur l’envie de partager tout en se formant. En plus de faire partie d’une équipe basée aux quatre coins du monde, l’écriture d’articles et la relecture des articles publiés par mes collègues me permet de prendre de la distance avec ma pratique, de la remettre en question, la renouveler et de m’inspirer de ce que font mes collègues. J’encourage d’ailleurs toute personne intéressée à rejoindre l’aventure (via le formulaire de contact). C’est un véritable vivier de compétences, encore plus depuis que T’enseignes-tu ? développe tout un volet « formations de formateurs ». On peut réaliser des tâches d’ingénierie de formation, de web communication, par exemple et développer de nouvelles compétences. Ainsi, chose à laquelle je n’aurais pas pensé il y a quelques temps, j’ai dernièrement participé comme co-intervenante avec Céline à un colloque sur l’enseignement des langues étrangères au Canada.

Q4. Tu aurais pu aussi devenir professeur des écoles : qu‘est-ce qui t’a poussée vers ce choix et qu‘est-ce qui t’a finalement fait renoncer ?

La situation de l’enseignement du FLE en France peut être un vrai parcours du combattant une fois le Master en poche. Après 5 ans d’expérience comme prof de FLE contractuelle ou vacataire dans plusieurs structures, je souhaitais enseigner dans un cadre plus stable et retrouver le FLE par le biais des classes de primo-arrivants. J’ai donc passé le concours de prof des écoles. En même temps, j’ai passé celui de prof de FLE aux Nations unies. Comme j’ai d’abord reçu les résultats finaux du concours des Nations unies, j’ai privilégié cette piste, d’autant plus que j’ai toujours voulu avoir une expérience de vie et de travail en contexte anglophone.

Q5. Tu enseignes aux Nations Unies à New York : que penses-tu qu’un tel poste apporte de particulier à un enseignant ?

Ce poste permet d’être au cœur de l’international, grâce au public de fonctionnaires internationaux et diplomates auquel nous enseignons, mais aussi grâce à la diversité culturelle propre à la ville de New York. Le contexte d’enseignement permet aussi de se spécialiser dans des domaines portant sur des questions de géopolitique, d’utilisation opérationnelle du français dans les missions de maintien de la paix, etc… et de rencontrer d’autres acteurs internationaux de la Francophonie (l’OIF ou les missions diplomatiques francophones, par exemple).

Q6. Aurais-tu là encore des conseils pour un enseignant souhaitant postuler à l’ONU ?

Le concours que j’ai passé pour ce poste a été publié sur FLE.fr. La procédure est assez longue et rigoureuse, mais transparente. L’équipe de sélection m’a vraiment bien accompagnée dans toutes les étapes du recrutement. Des concours pour les sièges de New York et Genève sont organisés en fonction des besoins de recrutement (pas de manière annuelle). Il faut donc être à l’affût des publications de poste sur le site de recrutement de l’ONU ou sur les sites de publication de postes en FLE.

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