Il passe tous les mois par nos cheminées auditives sa hotte remplie de cadeaux et infos par milliers. Toujours le sourire aux lèvres mais professionnel quelles que soient les conditions numériques, non, nous ne parlons pas du gros barbu habillé en rouge mais de l’homme au site en orange. Vous l’avez deviné, on accueille cette semaine Sébastien Durietz, le célèbre podcasteur des Arts du FLE.

 

Q1. Tu as participé au projet de l‘Auberge il y a quelques années à Lille. Comment s’est passée la collaboration ? Qu’en as-tu retiré ?

Il faut replacer ce projet dans son contexte, c’était en 2005 je crois et on commençait tout juste à entendre parler du CECR dans les salles de profs et les méthodes. Avec Martine Eisenbeis qui était la cheffe de projet, deux autres profs et une équipe technique, on s’est lancé dans le projet de réaliser un site pour préparer les étudiants Erasmus à leur arrivée en France. Ce qui était génial, c’était, en plus de travailler avec des collègues qui sont des amis, d’avoir dans l’équipe technique, des personnes capables de comprendre les profs et des profs sensibles aux problématiques des « techniciens ».
J’ai appris beaucoup pendant ce projet en essayant de transposer en ligne une approche par les tâches et en essayant vraiment de voir les apprenants comme des acteurs sociaux, avec plus ou moins de réussite d’ailleurs. Techniquement, j’ai appris à travailler avec des comédiens et à faire du montage vidéo avec les témoignages de mes étudiants Erasmus mais pour le site, je n’ai absolument rien fait de technique, Martine réunissait les profs et les techniciens et on essayait de se comprendre.

NDLR : l’Auberge est un site d’apprentissage proposé à l’analyse en M2 à l’université d’Artois.

Q2. Comment est né le projet des Arts du Fle ?

J’ai toujours aimé la radio et quand je suis parti aux Etats-Unis, j’ai découvert les podcasts qui me permettaient d’écouter la radio française malgré le décalage horaire. Rapidement, j’ai découvert les podcasts indépendants et j’ai vu que des personnes créaient des émissions sur des sujets extrêmement variés et je me suis dit « pourquoi pas un podcast sur le FLE ? ». À partir de là, je voulais faire une espèce de pont entre ce qui se disait dans les colloques et les échanges passionnants que je trouvais dans les salles de profs, quelque chose entre les analyses très théoriques, rigoureuses et un peu froides des colloques et les discussions passionnées et très spontanées des salles de profs.

Q3. Tu attaches beaucoup d’importance aux projets. Est-ce que cela se retrouve dans tes pratiques de classe ?

Actuellement, pas autant que je le souhaiterais. Là où je travaille, nous utilisons une approche par scénario dans laquelle nos apprenants doivent réaliser des tâches ou des projets dans un contexte simulé proche de leur contexte de travail. Ce que j’aime dans la mise en place de projets, c’est quand ils correspondent à des intérêts communs dans la classe, qu’ils profitent des talents et des compétences de chacun et qu’ils sortent de la classe. Pour l’instant, ces aspects ne sont pas encore vraiment exploités dans mes cours, mais je ne perds pas espoir et je pense que ce sera possible de mettre en place de vrais projets qui se concrétiseront par une réalisation qui sortira de l’espace classe.

Q4. Tu enseignes aux Nations Unies. Peux-tu nous en dire plus sur le type de formation et sur le public ?

On enseigne à des adultes qui travaillent pour l’ONU, les agences (comme l’Unicef) et les missions qui représentent les États membres. C’est un public international et multiculturel, ce qui n’est pas toujours facile à gérer d’ailleurs. On donne des cours généraux jusqu’au niveau B1 et on couvre le niveau B2 avec des cours spéciaux comme « Écrits administratifs » ou « français de l’humanitaire ». On prépare aussi à des départs en mission en pays francophones. Parfois, on intervient auprès d’autres départements pour des ateliers ou pour développer des projets. Par exemple, j’ai aidé le département de police à faire un test linguistique qui sert à recruter des officiers de police dans les missions francophones.

Q5. As-tu un autre projet qui mijote ou que tu aimerais réaliser prochainement ?

Déjà chaque numéro des Arts du FLE est un peu un projet et j’ai encore pas mal de numéros à faire. Ensuite, j’aimerais participer d’avantage aux projets de la communauté d’Agito que je trouve excellents. Il y a aussi des choses que j’aimerais faire pour T’enseignes-tu.com comme les tutoriels vidéo et des articles qui sont en cours d’écriture. Enfin, j’aimerais développer un peu les Arts du FLE : il y a par exemple la partie projets qui avance un peu. Là, j’avance tout doucement sur le projet de jeu d’enquête policière mais il y a encore 3 autres projets qui seront annoncés. Et enfin, j’aimerais lancer un autre podcast de FLE à plusieurs voix cette fois, un peu dans l’esprit de ce que Jeff et Guillaume font sur e-teachers mais vraiment consacré au FLE.

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