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Bonjour à toutes et tous,

Je me présente brièvement : ayant enseigné 2 ans le français dans un collège-lycée semi-privé au Kurdistan, j’ai dû revenir en France cet automne en raison de la situation financière du pays qui ne permettait plus à l’établissement local d’employer des étrangers. On m’avait proposé ce job pour lequel je n’avais pas de formation initiale car il y a un manque énorme de profs de français sur place et aussi parce que je parle couramment le kurde et que je connais bien le pays).

De retour en France, j’ai voulu faire valider cette expérience (VAE) dans le but éventuel de suivre une vraie formation de FLE. Pôle Emploi m’a inscrite d’office dans une session ‘Coach Activ’ pour déterminer si cette piste de reconversion me conviendrait ou non et une partie de ce travail consiste à faire remplir un questionnaire par au moins 2 personnes exerçant le métier visé.

Aussi, si quelques-uns et unes d’entre vous voulaient bien répondre à ce questionnaire (ici ou en mp), cela me serait fort utile et je les en remercie d’avance.

1. Quelles sont les activités et les tâches principales du métier ainsi que les responsabilités à assumer dans le poste ? À quoi ressemble une journée type ?

2. Quelles sont les activités occasionnelles de ce métier ?

3. Quelles sont les conditions de travail du métier ? (horaire, lieu, relations de travail, statut) ?

4. Quelles sont les contraintes, les risques et les inconvénients de ce métier ?

5. Quels sont les avantages de ce métier ? Qu’est-ce qui vous plait ?

6. Qu’est-ce qui ne vous plait pas dans ce métier ?

7. Dans quels types d’entreprises/structures peut-on l’exercer ?

8. Quels sont les Centres de formation pour adultes qui préparent à ce métier ?

9. Quels sont les savoir-faire, savoir-être, qualités requises, expérience préalable demandés par les recruteurs ?

10. Quel est votre parcours professionnel ?

11. Quel est le niveau de rémunération ?
– Pour un débutant……
– Pour une personne expérimentée……

12. Quelles sont les perspectives d’emploi actuelles dans ce secteur, l’avenir du métier, les débouchés ?

13. Quelles sont les évolutions de carrière possible ?

14 Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui souhaite s‘orienter dans ce métier ?

a répondu à la question
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  1. Préparer les cours et enseigner. La journée-type varie en fonction du public (cours particuliers, petits groupes en centre de langues, cours en service extérieur) et du nombre d’heures de cours.
  2. Activités occasionnelles : il est important de quitter la salle de classe de temps en temps pour briser la routine.  Je mentionnerai également les évaluations périodiques, essentielles pour prendre la température du cours (=> degré d’apprentissage des apprenants).
  3. Conditions de travail : fluctuent d’un pays à l’autre. En France, apparemment, le FLE n’est pas reconnu comme un sujet à part entière, ce qui affecterait les conditions de travail (rémunération et protection sociale) des professeurs. À confirmer auprès de collègues en France.  À l’étranger, au Mexique notamment, un professeur de FLE exerçant au sein d’une Alliance Française ou d’un établissement public ou privé bénéficie de prestations semblables aux enseignants d’autres matières.
  4. Les contraintes : en général, les cours ont lieu tôt le matin puis en fin d’après-midi et début de soirée. À moins de travailler dans un établissement scolaire ou de donner des cours particuliers à des clients d’une certaine catégorie sociale aisée. Inconvénient : vous ne serez jamais riche en exerçant la profession d’enseignant de FLE.
  5. Avantages : la proximité avec les apprenants, le partage, la découverte de la culture de l’autre et le faît de transmettre la vôtre, la satisfaction d’aider les gens à communiquer dans notre langue, la constatation de leurs progrès, etc.
  6. Négatif : personnellement, corriger les examens. Ils ne réflètent pas toujours le niveau réel de l’apprenant et parfois ils ont tendance à décourager les jeunes ayant obtenu des notes insatisfaisantes.
  7. Opportunités d’emploi : Alliances Françaises, écoles maternelles (“éveil au français”), écoles primaires, collèges, lycées, universités, entreprises (cours particuliers à un cadre ou à de petits groupes de cadres).
  8. Dans beaucoup de pays il y a des associations de professeurs de langues et en particulier d’anglais. Si vous parlez bien l’anglais, vous pouvez profiter des activités et publications de telles associations : les profs de FLE et les profs d’anglais (ou d’autres langues) avons tellement en commun. Nous nous servons des mêmes supports, de techniques semblables, etc…  On apprend aussi énormément des “anciens” quel que soit son lieu de travail.
  9. Qualités : patience, intégrité, persévérance, empathie, auto-discipline, bonne présentation, créativité, diplomatie, sens de l’initiative, etc. J’ajouterai AVOIR LA VOCATION, condition indispensable à tout enseignant quelle que soit son domaine.
  10. Parcours professionnel : service militaire 1 ans, service clientèle (hôtellerie 4 ans, banque 4 ans), finances-comptabilité (5 ans) puis enseignement (FLE depuis 26 ans).
  11. Le niveau de rémunération en fonction du pays et de divers facteurs. À l’étranger, et en particulier au Mexique, en fonction de vos résultats et de la perception que vos apprenants et vos employeurs ont de vous, vous aurez plus ou moins d’heures de cours. En France, je ne saurais dire.
  12. Actuellement les progrès de la technologie forcent les profs de FLE à s’adapter. Il va s’agir à moyen terme, à mon avis personnel, d’une question de survie. Soit notre profession s’adapte à l’évolution (révolution ?) des TIC, soit nous disparaissons. Obsolètes. Ceux qui survivront auront su intégrer l’outil numérique à leurs cours. Il va de soi que rien ne va venir remplacer le contact humain, le besoin de communiquer avec un être humain pour apprendre une langue étrangère. Toutefois, il est très probable que d’ici quelques années, un grand nombre de personnes préfèrent faire usage de la technologie à leur disposition (par exemple le traducteur instantané de Google, pour ne pas le citer) plutôt que de passer de longues heures dans une salle de classe à apprendre une  nouvelle langue. Je crois que l’enseignement des langues d’ici quelques années va plutôt se concentrer sur les besoins spécifiques de nos apprenants : médecine, droit, finances, gastronomie… puisque l’enseignement du français général sera partiellement remplacé par les outils en ligne. Autrement dit, les profs de FLE s’adresseront à un public plus restreint qu’aujourd’hui, mais dont les besoins d’apprendre la langue ne sauraient être satisfaits par des applications génériques.
  13. Évolutions de carrière possibles : coordination d’un département de langues étrangères, interprétation, traduction.
  14. Se former. Se former. Se former. Assister dans un premier temps à tous les congrès, conférences et autres symposiums de professeurs de langues. Participer ensuite en tant que conférencier. Donner de son temps et partager ses ressources avec les collègues sans attendre aucun retour, aucune rétribution de leur part. Savoir se remettre en question. Analyser les besoins des élèves et les comparer au plan du cours que vous êtes censé(e) donner : vous serez surpris(e) de constater que bien souvent le plan du cours est complètement détaché de la réalité. Remédiez-y (professionnellement, informez les autorités de l’établissement et soumettez un nouveau plan du cours). Établissez une relation cordiale avec vos apprenants mais conservez quand même une certaine distance professionnelle. Avec les ados : NE SOURIEZ JAMAIS LA PREMIÈRE SEMAINE DE COURS ; FAITES SUIVRE VOS RÈGLES ET INSTRUCTIONS À LA LETTRE ; NE TOLÉREZ RIEN. Peu à peu, vous pourrez lâcher du mou, mais pas au début du cours. Comme disait la prof de FLE qui fut et reste mon modèle à suivre : “Trop bon, trop c..”.
  15. Bon courage !
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Bienvenue parmi nous Philippe et merci pour cette réponse très complète !
Ah ah, le conseil sur les ados au point 14 m’aurait été bien utile il y a une semaine : je sors d’un stage intensif avec des ados italiens et l’expérience a été assez éprouvante dirais-je… ^^;

Effectivement, s’il y a une chose à retenir dans ma réponse, c’est bien cela : “Trop bon, trop c…” surtout avec les ados !

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Merci beaucoup pour vos réponses très complètes. De ce que je crois comprendre, vous n’êtes pas français ? Si c’est le cas, puis-je vous demander votre nationalité ?

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Oui je suis bien Français puisqu’originaire de Bourges (18) : un Berrichon pur sang ayant quitté son Berry natal depuis de très longues années. Mais je me considère avant tout un citoyen du monde.

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